Les secrets de l'amour à hauteur de petite fée

Alexandre Demidoff, Le Temps, 17.04.2008

Le performer italo-suisse Massimo Furlan se penche sur les ressorts de la passion

"Dis-moi, papa, ça vaut dire quoi tomber amoureux?" "Est-ce que ça fait mal?" "Est-ce que ça dure?" "Et pourquoi, tu dis toujours que l'amour passe?" Ces questions, Massimo Furlan se les est peut-être posées dans le secret de sa chambre d'enfant. On le jurerait du moins. Le plasticien et performer italo-suisse est un cartographe du coeur. Qu'il reconstitue en solitaire la finale du Mundial 1982, à la Pontaise à Lausanne ou au Parc des Princes à Paris; ou qu'il revête la cape de Superman comme en 2005, l'artiste ne cesse de rallumer les braises d'une passion jamais tout à fait éteinte. Au stade ou au théâtre, il éprouve l'amour - pour une équipe de football, un héros de fanzine, une passante. Il en redessine aussi les contours, attentif aux zones de flou.
Dans "Sono qui per l'amore", sa nouvelle création, Massimo Furlan inventorie des fictions d'amour. Des contes qui n'en sont peut-être pas. Sur scène, une petite fille qui croit aux fées, un adolescent, des jeunes femmes et d'autres moins printanières. Chacune de ces présences est prière. Demande muette d'attention. D'amour, surtout.
Chacun de ces passants est aussi récit en puissance. Massimo Furlan juxtapose des histoires au ciel azur presque aussi beau que ceux qui tapissent certains romans courtois, d'autes aux nuages tragiques, d'autres aux buissons ardents. Il dit vouloir mettre au jour des manières de raconter la panique des coeurs. Dans sa quête, il entraîne dis-sept complices, parents, amis, artistes. Une tribu, donc, soudée par le vertige.

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